Hallelujah : Igorrr et la folie maîtrisée d’un chef-d’œuvre avant-gardiste
Hallelujah d’Igorrr : Fusion improbable de baroque, breakcore et métal extrême, cet album est une expérience auditive hors du commun. Découvrez comment Igorrr transcende les genres et livre une œuvre aussi chaotique qu’hypnotique.
Crédits et informations techniques
Liste des titres
- Tout Petit Moineau
- Damaged Wig
- Absolute Psalm
- Cicadidae
- Vegetable Soup
- Lullaby for a Fat Jellyfish
- Grosse Barbe
- Corpus Tristis
- Scarlatti 2.0
- Toothpaste
- Infinite Loop
Durée totale
38 minutes et 51 secondes.
Label
Ad Noiseam.
Production
Gautier Serre (Igorrr) a assuré la composition, l’enregistrement et la production de l’album.
Rééditions :
L’album a connu plusieurs rééditions, notamment en 2020 et 2023, sous le label Nuclear Blast, avec des éditions limitées en vinyle de différentes couleurs.
Collaborations artistiques
- Laure Le Prunenec : voix sur plusieurs titres, notamment « Tout Petit Moineau » et « Scarlatti 2.0 ».
- Teloch (Mayhem) : guitare sur « Absolute Psalm ».
- Vincent Goubeau (MULK) : saxophone sur « Absolute Psalm ».
- Benjamin Violet : arrangements de cordes et violon sur plusieurs morceaux.
- Nicolas Sénac : guitare sur « Damaged Wig » et « Lullaby for a Fat Jellyfish ».
- Benjamin Bardiaux : claviers sur « Absolute Psalm » et « Vegetable Soup ».
- Jasmina Barra : voix sur « Cicadidae » et « Vegetable Soup ».
- Frédéric Garcia : basse sur « Vegetable Soup » et « Scarlatti 2.0 ».
- Adam Stacey : accordéon sur « Vegetable Soup ».
- Laurent Lunoir : voix sur « Absolute Psalm » et « Grosse Barbe ».
- Simon Fleury : voix sur « Damaged Wig » et « Lullaby for a Fat Jellyfish ».
- Cyro Torres : guitare sur « Cicadidae ».
- Thibault Majorel : voix sur « Corpus Tristis ».
- Irina « Triz » Matkovskaia : voix russe sur « Lullaby for a Fat Jellyfish ».
- Ange Yopiti : voix sur « Toothpaste ».
- Nicolas Serre : bruitages sur « Absolute Psalm ».
- Nicolas Chevreux : pamplemousse sur « Absolute Psalm ».
- Pedrou Lacasa : voix masculine sur « Vegetable Soup ».
- Patrick (le poulet d’Igorrr) : contributions sur « Vegetable Soup ».
L’actualité d’Igorrr à l’époque de « Hallelujah »
En 2012, Igorrr (alias Gautier Serre) est déjà reconnu dans les cercles d’avant-garde pour ses compositions éclatées et inclassables. Après le succès critique de « Nostril » (2010), « Hallelujah » marque une montée en puissance avec un nombre impressionnant de collaborateurs, ce qui permet d’approfondir encore plus les sonorités baroques et la brutalité métallique.
L’artiste, en grande partie indépendant, a pu s’appuyer sur le label Ad Noiseam, spécialisé dans les musiques électroniques expérimentales, pour distribuer cet album. Igorrr commence également à être sollicité pour des performances live, où sa musique hybride prend une dimension encore plus immersive grâce à l’apport des vocalistes Laure Le Prunenec et Laurent Lunoir.
En parallèle, l’année 2012 est marquée par l’émergence d’autres projets novateurs dans la sphère du métal et de la musique électronique, comme Gojira avec leur album « L’Enfant Sauvage », ou encore la popularisation de genres comme le djent. Dans ce contexte, « Hallelujah » se distingue comme une œuvre à part, résolument inclassable.
Analyse des morceaux de « Hallelujah »
1. Tout Petit Moineau
L’album s’ouvre sur une pièce fascinante où la voix cristalline de Laure Le Prunenec rencontre des clavecins virevoltants, évoquant une composition baroque. Les interruptions brusques par des rythmes de breakcore et des éléments bruitistes instaurent d’emblée l’atmosphère chaotique qui caractérise l’album.
2. Damaged Wig
Ce morceau met l’accent sur des guitares abrasives et une rythmique chaotique, rappelant par moments le grindcore. Le titre semble osciller entre un métal extrême débridé et des phases de calme inquiétant, renforçant le sentiment de désorientation.
3. Absolute Psalm
Un mélange audacieux de chants grégoriens, de riffs métalliques puissants et de sections électroniques industrielles. Ce titre est emblématique de la capacité d’Igorrr à créer des contrastes saisissants tout en maintenant une cohérence globale.
4. Cicadidae
Un morceau qui se déploie lentement, avec des textures sonores évoquant une forêt grouillante. Le saxophone de Vincent Goubeau y ajoute une profondeur inattendue, tandis que les beats électroniques s’intensifient progressivement.
5. Vegetable Soup
Un titre à la fois loufoque et complexe, où des éléments comiques (bruits de poulet inclus) côtoient des orchestrations imposantes et des rythmes frénétiques. Ce morceau est un condensé de l’esprit d’Igorrr : imprévisible et expérimental.
6. Lullaby for a Fat Jellyfish
Ici, Igorrr s’aventure dans des sonorités plus ambiantes, avec des couches sonores aquatiques et hypnotiques. Le contraste avec des percussions plus agressives crée une dynamique captivante.
7. Grosse Barbe
L’une des pistes les plus violentes de l’album, mêlant des riffs de guitare déchaînés et des cris gutturaux. Ce titre illustre la facette la plus brutale d’Igorrr.
8. Corpus Tristis
Un morceau sombre et introspectif, dominé par des cordes mélancoliques et des éléments vocaux graves. L’absence de beats frénétiques donne une pause bienvenue dans l’intensité de l’album.
9. Scarlatti 2.0
Hommage modernisé au compositeur Domenico Scarlatti, ce titre reprend des structures classiques tout en y ajoutant des distorsions électroniques et des syncopes inattendues.
10. Toothpaste
Une explosion sonore où Igorrr juxtapose des rythmes éclatés, des chants opératiques et des guitares frénétiques. Ce morceau est une parfaite synthèse de l’album, alliant chaos et précision.
11. Infinite Loop
Clôturant l’album sur une note plus minimaliste, ce morceau propose des boucles répétitives et hypnotiques, créant une sensation de vertige, voire d’infini.
La place de « Hallelujah » dans la discographie d’Igorrr et dans le paysage musical
Dans la discographie d’Igorrr
« Hallelujah » est le deuxième album studio d’Igorrr, succédant à « Nostril » (2010) et précédant « Savage Sinusoid » (2017). Alors que « Nostril » posait les bases du style inclassable de l’artiste, « Hallelujah » marque un tournant majeur grâce à une production plus ambitieuse et un éventail d’influences encore plus large.
Cet album témoigne de la maturation artistique d’Igorrr, tant dans la complexité des compositions que dans l’intégration des collaborations. L’utilisation de voix classiques (Laure Le Prunenec) et de techniques de production modernes ancre son œuvre dans une esthétique où le passé et le futur s’entrelacent. « Hallelujah » est souvent perçu comme un jalon important de sa carrière, consolidant sa réputation d’innovateur radical dans les musiques extrêmes.
Dans le paysage musical en général
« Hallelujah » est une œuvre unique dans le panorama musical de 2012. À une époque où les genres se croisent de plus en plus (post-metal, djent, électroacoustique), Igorrr pousse cette hybridation à son paroxysme. L’album ne se contente pas de juxtaposer les styles : il les fusionne de manière organique, créant un univers sonore inédit.
Il a influencé une nouvelle génération d’artistes cherchant à repousser les limites de la musique de genre, notamment dans des niches comme le breakcore, l’avant-garde métal et les musiques expérimentales. L’impact de cet album se mesure aussi à son public diversifié, touchant aussi bien les amateurs de musique classique que les fans de métal extrême.
Hallelujah d’Igorrr : Quand l’écouter ?
« Hallelujah » d’Igorrr n’est pas un album que l’on met en fond sonore pour accompagner une soirée tranquille. Il exige une écoute active et une ouverture d’esprit totale pour savourer pleinement ses transitions abruptes entre des genres aussi éloignés que la musique baroque et le death metal. Voici quelques suggestions décalées pour savourer cet album :
- Le matin : Besoin de vous réveiller d’un coup ? Lancez « Grosse Barbe » ou « Absolute Psalm ». Les rythmes frénétiques et les ruptures sonores vous garantiront un sursaut immédiat, idéal pour un lundi matin difficile.
- L’après-midi : Pour des activités créatives comme la peinture, l’écriture ou même le bricolage complexe, « Cicadidae » et « Scarlatti 2.0 » fourniront une bande-son imprévisible mais inspirante.
- Le soir : Envie de lâcher prise ou d’explorer des contrées sonores nouvelles ? Terminez avec « Corpus Tristis » et « Infinite Loop » pour une expérience introspective et hypnotique.
- Occasion spéciale : Ce disque est la bande-son parfaite pour un événement décalé, comme une soirée à thème absurde ou un marathon de films expérimentaux.
En bref, « Hallelujah » est l’album idéal pour briser la monotonie de vos habitudes musicales. Mais attention : il n’est pas pour toutes les oreilles. Réservez-le aux moments où vous êtes prêt à être bousculé, voire transformé.