tueur en série sous un lampadaire vacillant dans une rue vide et embrumée

Tueurs en série : entre fascination et horreur, un miroir de nos sociétés

Depuis plusieurs décennies, le tueur en série alimente autant les pages des faits divers que les œuvres de fiction. Ces figures monstrueuses, capables des actes les plus abominables, intriguent autant qu’elles terrifient. Leur existence questionne notre conception du mal, tout en révélant des facettes insoupçonnées de la nature humaine. Pourquoi sont-ils si nombreux dans les imaginaires populaires ? Peut-être parce qu’ils incarnent ce que nous redoutons le plus : l’apparition du chaos et de la violence dans un quotidien apparemment ordinaire.

Tueur en série : Définition et origine du terme

Le terme « tueur en série » est une traduction de l’expression anglaise « serial killer », apparue dans les années 1970 grâce aux travaux de criminologues comme Robert Ressler, agent du FBI. Il désigne un criminel auteur d’au moins trois homicides, commis à des moments distincts, avec une période de « refroidissement » entre chaque acte. Ce critère différencie les tueurs en série des auteurs de tueries de masse ou de spree killers, dont les crimes se concentrent sur une période très courte.

Historiquement, les tueurs en série ne sont pas un phénomène nouveau, bien que leur visibilité ait augmenté avec les médias modernes. Ils sont souvent motivés par des désirs profondément ancrés dans leur psyché : soif de pouvoir, gratification sexuelle, vengeance ou quête de reconnaissance. Ces crimes, aussi terrifiants soient-ils, s’inscrivent dans une logique personnelle que les experts (parfois appelés profileurs) tentent de décrypter depuis des décennies.

Étude sociologique et psychologique

Les tueurs en série ne sont pas nés, mais façonnés. Leur parcours commence souvent dans une enfance marquée par des traumatismes graves : violences physiques, abus sexuels, négligence ou humiliations répétées. Ces expériences destructrices contribuent à la formation d’une psyché brisée, où des fantasmes violents se substituent à une normalité inaccessible.

Psychologiquement, beaucoup présentent des traits de narcissisme, de sociopathie ou de psychopathie, des pathologies qui annihilent l’empathie et transforment les autres en simples outils pour satisfaire des besoins personnels. Mais derrière ces diagnostics se cache une vérité troublante : ces criminels, aussi abominables soient-ils, restent profondément humains. Leurs actes reflètent, dans une forme extrême, des pulsions qui existent à l’état latent dans chaque société : désir, domination, peur et colère.

représentation conceptuelle d’un visage humain divisé en deux : une moitié calme et l’autre monstrueuse, symbolisant la dualité psychologique des tueurs en série

On pourrait aussi s’interroger sur les raisons de la fascination exercée par ces tueurs sur les gens, mais cela nous emmènerait un peu loin… Si vous souhaitez approfondir ce sujet, allez lire notre article sur le True Crime, ou sur Stéphane Bourgoin !

Les grands noms en France : historique

La France n’échappe pas à la liste des tueurs en série marquants de l’histoire. Parmi eux, certains noms résonnent comme des légendes sombres :

livre médiéval, éclairé à la lueur d’une bougie, qui évoque l’histoire et les origines sombres de figures comme Gilles de Rais
  • Gilles de Rais (1405-1440) : L’un des premiers tueurs en série documentés. Cet ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc aurait assassiné des dizaines, voire des centaines, d’enfants dans des rituels macabres mêlant sorcellerie et perversions.
  • Henri Désiré Landru (1869-1922) : Surnommé le « Barbe-Bleue de Gambais », il séduisait des femmes seules avant de les assassiner et de faire disparaître leurs corps dans son fourneau.
  • Marcel Petiot (1897-1946) : Médecin et criminel, il profitait de l’Occupation pour attirer des victimes juives, sous prétexte de les faire fuir en zone libre, avant de les tuer pour s’emparer de leurs biens.

Les figures récentes en France

Les tueurs contemporains révèlent des méthodes et des motivations plus complexes, souvent révélatrices de leurs pathologies.

  • Michel Fourniret (1942-2021) : Surnommé « l’Ogre des Ardennes », il a enlevé, violé et tué plusieurs jeunes filles en France et en Belgique. Ses crimes, souvent planifiés avec une minutie glaçante, témoignent d’une personnalité obsessionnelle et manipulatrice.
  • Francis Heaulme (né en 1959) : Surnommé « le Routard du crime », il errait à travers la France, semant derrière lui une traînée de morts sans lien apparent. Ses crimes mettent en lumière un esprit impulsif et détaché de toute morale.

Perspectives internationales

Sur le plan international, des figures comme Ted Bundy ou Jeffrey Dahmer ont marqué l’histoire criminelle, chacune à leur manière.

  • Ted Bundy : Ce tueur américain séduisant et manipulateur a avoué avoir tué au moins 30 femmes. Son apparente normalité – diplômé et charmant – a longtemps masqué son véritable visage.
  • Jeffrey Dahmer : Le « Cannibale de Milwaukee » a horrifié le monde avec ses crimes impliquant torture, nécrophilie et cannibalisme.
  • Andrei Chikatilo : En Union soviétique, ce « Monstre de Rostov » a été reconnu coupable de 52 meurtres brutaux, révélant un système incapable d’identifier un tel criminel en raison de ses propres dysfonctionnements.
mains gantées avec une corde ensanglantée, dans une ambiance sombre et inquiétante

Que disent les tueurs en série de nos sociétés ?

Les tueurs en série ne sont pas seulement des anomalies individuelles ; ils reflètent aussi les failles de nos sociétés. Leurs parcours tragiques, souvent enracinés dans des environnements dysfonctionnels, rappellent la fragilité de l’équilibre humain. Par leur monstruosité, ils nous confrontent à nos propres ténèbres et à notre fascination pour ce qui nous dépasse et nous terrifie. Peut-être est-ce là la raison pour laquelle ils occupent une place si obsédante dans nos imaginaires : ils incarnent ce que nous n’osons pas toujours regarder en face.

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